Cradle of Filth – Une Bible de Décadence et de Ténèbres (Tome I)

I – Invoking the Unclean

L’Angleterre ésotérique

 

L’Angleterre, pays qui a vu naître la littérature gothique et le heavy metal, est le principal pouvoyeur de culture sombre. Dans ce chapitre, nous explorons les liens entre les Anglais et le mal et l’importance des racines géographiques de Cradle of Filth dans son inspiration.

 

II – The Principle of Evil Made Flesh

 

La femme fatale

 

L’association de la féminité et de la cruauté dans notre culture remonte à la genèse de la Bible et même au-delà. Certains artistes satanistes ont choisi de prendre le contre-pied et de célébrer cette association, c’est particulièrement vrai pour les artistes décadents parisiens du XIXe siècle. Ce chapitre explore à la fois les vies et les œuvres scandaleuses de ces artistes et l’influence qu’ils ont eu sur Cradle of Filth et leurs contemporains.

 

III – V Empire

 

Cauchemars d’enfance

 

L’enfance est devenu le sujet le plus sensible de notre société, l’idée qu’elle puisse avoir un côté sombre est presque tabou. Mais, comme le montre ce chapitre, les royaumes des contes de fée prennent leurs racines dans la tradition païenne, l’horreur moderne est d’ailleurs très redevable des contes de fée, chose souvent démontrée par Cradle of Filth.

 

IV – Dusk… and Her Embrace

 

L’esthétique gothique

Au départ, au XVIIe siècle, le terme « gothique » était un qualificatif utilisé pour se moquer de l’architecture médiévale. Au XVIIIe siècle, le « gothique » désignait la littérature qui se vendait le plus. Au XIXe siècle, c’était une nouvelle sous-culture glorifiant les toiles d’araignées et les cercueils. Ce chapitre nous fait remonter au siècle des premiers goths comme Lord Byron, nous fait visiter l’infâme club Batcave dans le Soho des années quatre-vingt pour enfin mettre en lumière les interprètes les plus pointus de cette esthétique comme Cradle of Filth.

 

V – Cruelty and the Beast

 

Élégance criminelle

Le crime est aussi vieux que la loi, et la fascination pour l’interdit se manifeste souvent par une admiration coupable pour le criminel. Ce chapitre est consacré au crime sous ses formes les plus extrêmes, du tout premier culte de Caïn jusqu’au « serial killer chic » du XXIe siècle, et met sur le banc des accusés certains des meurtriers et des méchants que Cradle of Filth a mis sur des piédestals.

 

VI – Midian (début)

 

L’horreur

L’horreur en tant que loisir est un concept vieux comme le monde, on le voit dans Beowulf ou dans la Bible par exemple, mais ce n’est qu’au XXe siècle qu’elle est vraiment devenue un genre à part entière, bien que régulièrement taxée de n’être rien de plus qu’une exploitation sadique. Ce chapitre passe en revue un siècle d’horreur en tant qu’art en prenant le point de vue de ses plus grands créateurs dont les monstres ont souvent eu une vie à part entière, comme les fans de Cradle of Filth en attestent.

Extrait :

La chanson qui serait la plus représentative de l’atmosphère de l’album est “A Gothic Romance”, et cette chanson épouse en effet la facette moins viscérale du genre ainsi définie par Mme Radcliffe (les vers d’introduction : « Menuet nocturne dans un château près de la mer, Un joyau plus radieux que la lune, Baissa Son masque pour moi »). Mais le sous-titre de la chanson − « Des roses rouges pour la catin du diable » − est révélateur du fait que les paroles de Dani épousent le monde gothique transgressif du Moine Lewis. (Comme l’anti-héro de Lewis, Ambrosio, le protagoniste de la chanson se retrouve séduit par une séductrice démoniaque dont la luxure transcende la mort − « Ne veux-tu pas me vénérer, Par de sanglants sacrifices, Afin que mon sexe se torde sous tes baisers, Et pleure, célébrant sa vie nouvelle ?… »)

Deux siècles avant, les amis de Samuel Taylor Coleridge étaient beaucoup plus à l’aise avec les histoires fines et morbides de la « Mère » Radcliffe (comme on l’appelait parfois affectueusement) qu’avec les histoires érotico-horribles du méchant Moine Lewis. Dans une critique de 1794 de son roman le plus connu, Les Mystères d’Udolphe, Coleridge remarque que dans toute l’œuvre de Radcliffe, « elle [Radcliffe] fait preuve des mêmes pouvoirs de description, de la même prédilection pour le merveilleux et le lugubre, les mêmes horreurs mystérieuses qui alimentent continuellement dans l’esprit l’idée d’une apparition surnaturelle, nous mettant très près du monde des esprits, et cependant les faits sont expliqués de façon ingénieuse par des causes familières ; la curiosité est entretenue d’une page à l’autre, d’un volume à l’autre, et le secret, que le lecteur pense découvrir par lui-même à chaque instant, s’échappe comme un fantôme devant lui, et évite sa volonté jusqu’au tout dernier moment d’attente prolongée. »

Radcliffe construisait ses romans comme des montagnes russes, des montées sauvages entre le merveilleux et l’horrible, menaçant constamment ses héroïnes avec des spectres ou des sadiques, qui presque inévitablement se révèlent être de fausses pistes. Tout en titillant son lectorat majoritairement féminin avec des tabous, Mme Radcliffe, contrairement à Lewis, ne l’a jamais amené dans des territoires interdits.Ses héroïnes étaient généralement menacées par de sempiternels « destins pires que la mort », mais cela n’allait pas plus loin que la titillation, et les menaces qui pesaient sur l’âme et le corps étaient rarement expliqués, encore moins mises à exécution. Malgré cela, Byron comme Shelley étaient de grands fans de Radcliffe, se référant à elle de la même façon qu’ils se référaient aux monstres sacrés de la littérature comme Shakespeare.

Byron appréciait la tension sexuelle sous-jacente entre les méchants calculateurs de Radcliffe et les victimes virginales. Il a rendu hommage à Radcliffe en empruntant à son écriture un peu de matière pour modeler sa plus grande création littéraire : lui-même. Chez le méchant moine Schedoni, de son roman de 1797 L’Italien, se trouve le modèle de l’anti-héro byronien, avec ses mystérieux sourires méprisants consciencieusement perfectionnés devant un miroir par Lord Byron, puis utilisés avec des effets dévastateurs auprès de ses innombrables conquêtes. Les décors exotiques qu’utilisait Radcliffe pour ajouter un peu de glamour à ses histoires ont également alimenté la forte soif de voyage du jeune Lord.

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