MADNESS – ONE STEP BEYOND

Tout au long de sa carrière, Madness a connu des hauts et des bas, où se mêlent querelles intestines, accusations de racisme infondées liées au passé skinhead de certains membres, sans oublier une séparation. Fondé en 1976, juste avant l’apogée du punk, Madness a mêlé les rythmes reggae/ska jamaïcains à un humour typiquement britannique et à une critique sociale fine, l’apogée du groupe se déroulant pendant les années Thatcher. John Reed nous livre ici l’histoire du groupe en commençant par évoquer les racines familiales de ses membres, leur origine géographique et leur enfance. Il retrace ensuite leur ascension vers le succès au début des années quatre-vingt, leur chute inévitable en 1986 et enfin leur résurrection en 1992. Le groupe a sorti son dernier album The Liberty Of Norton Folgate en 2009. À travers les témoignages de leurs amis et de nombreuses personnes de l’industrie musicale, John Reed arrive à dresser un portrait vivant et vibrant de ces années tumultueuses.

 

Extrait :

L’histoire de Madness commence en fait à quelques kilo-
mètres au nord de Kentish Town, dans l’environnement un
peu plus classe moyenne de Crouch End – ou Park Avenue
South, pour être précis, le quartier de l’écolier Michael Wil-
son Barson. Le plus jeune d’une fratrie de trois, Mike est né
le 21 avril 1958 dans le quartier de Newington à Édimbourg,
en Écosse, où sa famille a vécu pendant un temps avant de
retourner vers ses racines dans le nord de Londres. Sa famille
avait une fibre artistique développée. Son père Anthony avait
épousé sa mère Patricia J. Gott début 1953 dans l’arrondisse-
ment de Hammersmith dans l’ouest de Londres. Née en 1926
à Rochford dans l’Essex, Patricia était peintre (elle a même
travaillé comme professeur de dessin dans un collège près de
Highbury). Elle partageait cette passion avec Anthony, qui
était également professeur de dessin, mais le couple s’est sé-
paré alors que Mike était encore un bébé. « Ils ont été élevés
par leur mère », explique l’ex-copine de Barson, Kerstin Rod-
gers. « Leur père venait leur rendre visite dix minutes une fois
par an. Mike était aussi un très bon artiste. »
Le piano occupait une place centrale dans la vie de famille
des Barson, et l’intérêt de Mike pour la musique a vite été
éveillé par les efforts de ses frères Ben (qui avait cinq ans de
plus que lui) et Dan (qui avait deux ans de plus que Mike).
Alors que Ben et ses amis hippies adoraient le jazz (« Il avait
une compilation de cinq albums de Keith Jarrett, qui ne comp-
tait qu’une seule bonne chanson ! » a dit Mike plus tard), Dan,
plus extraverti, était fou de rock’n’roll.
Dans son enfance, Mike avait fait la connaissance de deux
futurs membres de Madness : un garçon plus vieux, Chris Fo-
reman, surnommé « Chrissy Boy », que Mike avait connu par
l’intermédiaire d’un autre ami, Lee Thompson. Le trio allait
à l’école primaire de Brookfield sur Chester Road, à Londres
N19 (dans le quartier de Dartmouth Park, entre Kentish Town
et Highgate). « Ma matière préférée était la science parce que

nous avions un bon professeur », a expliqué Barson plus tard.
Lee avait même vécu en face de chez Chris à Kentish Town
pendant un temps. « Je connais M. Barson depuis que j’ai trois
ou quatre ans », se souvient Thompson. « Je pense que nous
sommes allés voir ensemble Bridge On The River Kwai ».
Des années plus tard, Chris s’est souvenu du début de cet-
te amitié d’une vie avec Mike dans le magazine du fan-club
de Madness, Nutty Boys : « À l’époque, je parlais surtout avec
son frère Danny, Mike ne devait avoir que huit ans. La raison
pour laquelle ils étaient chez moi est que la mère de Mike
connaissait mes parents. Je devais avoir dix ans environ. Mike
habitait à côté de chez moi et pendant les quelques années
qui ont suivi, on s’est fait signe de la tête quand on se croisait.
Vers 1971, les jeunes du coin de Highgate Road (à Kentish
Town) se sont organisés en groupes. Dans mon groupe, il y
avait John Jones, Paul Catlin, Lee Thompson, Michael Barson
et moi-même ».
Le père de Lee, Frederick W. Thompson, est né à la fin de
la Première Guerre mondiale en 1918 à Walsingham, Norfolk.
Sa famille a déménagé à Great Yarmouth et c’est là qu’au prin-
temps 1950, il a épousé Lilian F. Scannell (née fin 1925). La fa-
mille de Lilian venait de Islington, en effet, son père était urba-
niste, ce qui a fini par pousser Lil et Fred au nord de Londres.
Le futur saxophoniste de Madness a été baptisé Lee Jay
Thompson – d’après l’admiration de sa mère pour l’acteur
américain Lee J. Cobb – et est né le 5 octobre 1957 à St Pan-
cras. Le père de Thompson a été décrit comme étant l’un des
meilleurs perceurs de coffres-forts de Soho et semble avoir
passé plus de temps en prison que chez lui. Ainsi, Lee et sa
jeune sœur Tracy (née en 1961) ont eu une enfance instable.
D’après lui, Lee était un peu un casse-cou, toujours prêt à fai-
re un mauvais coup avec son camarade Robert Townshend.

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