METALLICA – Enter Night

Né dans un garage miteux de Los Angeles au début des années quatre-vingt, rien ne prédisposait vraiment Metallica à devenir ce qu’il est aujourd’hui. Enfin, rien à part Lars Ulrich. Batteur à la technique limitée sur les premiers enregistrements du groupe, celui-ci se rattrape aisément grâce à son sens des affaires et à son flair quasi-imparable. Mick Wall retrace ici toute l’aventure du groupe et évite soigneusement de donner le point de vue d’un fan aveuglé par son amour pour le groupe. Il n’oublie aucun des moments difficiles que le groupe a traversés – Dave Mustaine, Cliff Burton, le son de …And Justice for All, l’affaire Napster (où Lars avait apparemment perdu son flair), la réinvention du groupe pour l’album Load, le documentaire Some Kind of Monster, l’enregistrement de St. Anger… – tout y passe dans le moindre détail et Wall n’hésite pas à donner un avis personnel tranché à chaque fois que cela lui semble pertinent. Mais il n’oublie pas non plus que Metallica est un géant de la musique moderne, fondateur du thrash metal, genre musical sans concession que le groupe a réussi à transcender pour devenir l’un des derniers monstres du rock.

Extrait :

Le travail en studio commençait à dix-neuf heures tous les soirs et durait jusqu’à quatre ou cinq heures du matin, avec une pause pour manger vers minuit. Flemming reconnaît qu’au premier abord la musique lui a semblé un peu inhabituelle. « Je n’avais pas entendu beaucoup de ce genre de trucs au Danemark à l’époque. Mais j’aimais bien. Je pensais que c’était vraiment bien en fait. » Le seul problème immédiat était que James était perdu sans son ampli guitare habituel, un Marshall modifié qui avait été volé quand le camion de matériel du groupe avait été cambriolé à l’extérieur d’une salle après un concert au Channel Club à Boston en janvier. Les voleurs avait vidé tout le camion, laissant derrière eux juste trois guitares. Rasmussen se souvient : « Personne ne savait ce qui avait été fait sur cet ampli. Donc on a commencé par ramener tous les amplis Marshall du Danemark et à les [installer] dans le studio, et James a commencé à les bidouiller. » Le producteur gâtait ses nouveaux clients. Il n’avait pas l’intention d’essayer de reproduire ce qu’il considérait être « le joli son de guitare merdique » de Kill ‘Em All. Quand enfin James a trouvé un ampli et des baffles à son goût, Rasmussen dit : « on a commencé à jouer à partir de là. » Le résultat était un son plus profond et plus puissant. « En fait, on a plus ou moins construit ce [nouveau] son de guitare en partant de rien. » Pour Flemming, c’était une première source de fierté, car d’après lui, James était le meilleur musicien dans le groupe. « James est, en quelque sorte, de classe internationale. Il est probablement le guitariste rythmique le plus carré que j’ai rencontré. Je n’avais jamais entendu personne jouer [en aller] avec ce genre de précision dans ma vie. J’étais donc très impressionné. » En terme de vision musicale pure, « d’un point de vue artistique, je pense que c’était Cliff », même si c’était toujours « Lars et James qui faisaient plus ou moins tout. »

Les seuls points faibles, techniquement, comme sur Kill ‘Em All, étaient le chant de James et les parties de batterie de Lars. Rasmussen se souvient : « James n’était pas vraiment très chaud pour chanter. Mais on a pris tout ça morceau par morceau, on l’a doublé et on a fait en sorte qu’il sonne [bien]. Il a pris un peu plus de confiance au fur et à mesure qu’il a progressé avec ce travail. J’ai essayé de faire ce que j’ai pu pour qu’il prenne confiance en lui parce que je pensais qu’il y avait quelque chose de bien dans sa voix et un bon personnage qui collait bien à la musique. Ce n’était pas simple, vous savez, mais j’aimais ça. » Les difficultés de Lars à la batterie étaient plus problématiques. « Je pensais qu’il était absolument nul », dit Flemming aujourd’hui. « Je me souviens de la première chose que je lui ai demandée quand il a commencé à jouer : “Est-ce que tout commence sur une levée ?” et il a répondu : “C’est quoi une levée ?” Putain de merde ! Le truc c’est que Lars était quelqu’un de novateur, donc son jeu de batterie était basé sur des roulements. C’était son truc. Tous les temps un et deux au milieu, il n’y faisait jamais attention. Il ne pensait jamais vraiment à ce qui se passait entre les roulement. Je pense toujours que c’est un bon batteur parce que je pense qu’il fait des trucs qui sont absolument incroyables. Mais moi et le mec qui était son roadie, un gars qui s’appelait aussi Flemming [Larsen] qui à l’époque était [aussi] batteur dans un groupe de metal danois qui s’appelait Artillery, on a commencé à lui parler de [rythmes]. Qu’il doit y avoir une durée de temps égale entre ce coup, celui-là, et le suivant et qu’il faut pouvoir compter jusqu’à quatre avant de revenir… [Puis il a pu jouer] un très bon break que personne n’avait imaginer faire à ce moment-là. » Il marque une pause puis ajoute : « Je n’ose pas imaginer à quoi ils devaient ressembler en concert à cette époque. Il accélérait et ralentissait les rythmes beaucoup [et jouait] les chansons de la façon dont il pensait qu’elles devaient être. »

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Une chronique à lire ici.

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