LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – Votre enfer est mon paradis

Corey Taylor, chanteur de Slipknot et de Stone Sour, nous livre ici sa vision de la vie à travers le prisme des sept péchés capitaux. Un sujet qu’il connaît bien puisqu’il se décrit lui-même comme un pécheur invétéré et comme ayant commis tous les péchés en l’espace de quelques heures. Taylor est croyant mais n’aime pas la religion, aucune religion, parce que selon lui elle empêche l’homme de réaliser son potentiel. L’homme n’étant pas parfait par essence, les péchés sont pour lui principalement des défauts de personnalité. En outre, le fait que les péchés stigmatisent une intention plutôt qu’un acte l’a poussé à remettre en question ce système de pensée et à mettre à jour ces sept péchés capitaux en créant une nouvelle liste plus actuelle, plus en phase avec notre époque. Ce livre sert aussi de prétexte à Taylor pour nous narrer des moments très croustillants de sa vie privée qui ne manqueront pas d’étonner même les plus blasés d’entre vous.

Extrait :

Pour ceux qui ne me connaissent pas beaucoup, laissez-moi me présenter.

Je m’appelle Corey Taylor. Je suis né et j’ai plus ou moins grandi à Des Moines dans l’Iowa, même si j’ai vécu dans vingt-cinq États différents avant d’atteindre la puberté. Je suis (apparemment) un artiste renommé, un chanteur, un compositeur, un parolier, un homme de spectacle, un danseur (complètement faux), un mage (encore un mensonge), un liseur d’aura (mais où est-ce que je veux en venir?) et quelqu’un connu de tous. J’ai deux groupes très connus, Slipknot et Stone Sour, qui ont sorti des albums plusieurs fois disques de platine et récompensés par des prix. J’ai vu des millions de visages et j’ai fait prendre du plaisir à plusieurs centaines d’entre eux. J’ai été nommé pour dix Grammies, j’en ai gagné un, ce qui fait de moi le Susan Lucci du rock and roll. J’ai également le privilège d’écrire ma propre colonne mensuelle pour un magazine britannique qui s’appelle RockSound depuis 2001.

En plus de ces trucs super cool, je suis un mari aimant et père de deux enfants ultra-cool. Je suis geek au dernier degré et j’aime tout ce que les geeks aiment, c’est-à-dire les comics, les films, les figurines à collectionner et tout ce genre de choses. J’écris depuis l’âge de neuf ans, ma première publication étant « The Tiger », qui a figuré sur la première page du JacksonJournal (pour être honnête, le JacksonJournal était un livret qu’on distribuait à mon ancienne école élémentaire, et il ne faisait que deux pages – mais j’ai quand même réussi à avoir la couverture). Je ne suis pas Elmer Fudd et je n’ai pas de manoir et de yacht, mais j’ai trois maisons, un bâtiment commercial et j’espère avoir une péniche quand je serai vieux ou du moins quand je serai assez jeune pour lui nager après quand elle s’éloignera de moi.

Encore une chose : ce n’est pas pour me vanter, mais bon Dieu, je suis pas mal du tout.

Pas mignon comme Ewan McGregor ou Jude Law mais plutôt comme Kate Beckinsale. Je sais, je sais, face à un miroir tout va bien tout est beau, il faut oublier les zones d’ombres et ce genre de merdes, mais comme ça de face, j’ai une très belle silhouette. Pour citer Ani Difranco : « j’ai le genre de beauté qui ne laisse pas indifférent ».

J’ai un visage si étonnant que les hommes et les femmes tombent enceints en me regardant. Quand je rentre dans une pièce, je laisse derrière moi un parfum qui enivre les critiques les plus acerbes. Mes yeux font fondre le beurre, le fer, les biscuits graham et le Silly Putty. Je danse comme Stevie Wonder et je rougis comme Betty Boop. Je dégomme tout autour de moi.

Mon Dieu, si seulement une partie de tout cela était vrai.

Je viens juste de vous montrer à quoi ressemblait la vanité, le délicieux petit péché capital de ce chapitre. L’amour de soi, le seul véritable amour, à part l’amour de la bouffe. Tout le monde en a un peu. C’est différent de la fierté : la fierté c’est l’amour des actes et des réussites de quelqu’un. La vanité c’est l’amour de la personne, je pense. Des plaques d’immatriculation personnalisées à VanityFair, tout semble normal. C’est très facile à expliquer : pour la plupart d’entre nous, nous sommes qui nous sommes, mais les mecs vains sont qui ils aiment, et ils feront tout ce qu’il faut pour s’assurer que tout le monde les aime aussi. C’est le grotesque à un tout nouveau niveau ; c’est le pur syndrome du paon.

Encore une fois, je n’ai aucune compétence dans ce domaine. Les gens qui se révèlent être très vains sont des connards pompeux, et les gens qui font de leur mieux pour ne pas faire attention à leur look ou à leurs actes se révèlent être − vous l’avez deviné – des connards pompeux. Mais si on veut être honnêtes, nous sommes tous un peu vains. Nous avons tous besoin de nous aimer ou au moins d’aimer une chose en nous. Mais il n’y a rien d’anormal à avoir un peu d’assurance. Ce genre de sentiment de puissance peut mener à de grandes réussites. Mais si on en a trop, on prend le risque d’avoir beaucoup trop de choses en commun avec Paris Hilton. Pas de problème, vous pouvez penser ce que vous voulez d’elle en lisant mon livre. Il n’y a absolument aucune chance qu’elle lise ceci car il n’y a pas d’images de chiens à colorier avec des feutres magiques ici.

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