PHIL LYNOTT – The Rocker

 

Métis et fils illégitime, Philip Lynott n’était pas vraiment le mieux placé pour devenir la première légende irlandaise du rock. Poète, auteur-compositeur, bassiste et chanteur, il a traversé les modes en sachant s’inspirer de divers courants musicaux comme le punk et les nouveaux romantiques. Avec lui, le hard rock a perdu de sa simplicité pour se rapprocher des frontières de la soul et de la musique celtique. Mark Putterford retrace l’enfance de Lynott à Dublin dans les années cinquante, toute la carrière de Thin Lizzy, sa carrière solo, sa vie de famille, ses excès et enfin les démêlées judiciaires entre sa femme et sa mère après la mort de Lynott. Au fil des pages nous croisons également des figures du rock dont les carrières ont été indubitablement influencées ou aidées par Lynott, comme Bob Geldof, Midge Ure, Huey Lewis et Mark Knopfler. Le paysage du rock contemporain, à l’instar de la ville de Dublin, porte encore la marque de cet homme de génie.

Extrait :

Midge ne se souvient pas avoir participé ni au deuxième album solo de Lynott ni à l’album Chinatown de Thin Lizzy alors qu’il est crédité sur les deux, mais il suggère que si certains enregistrements ont été gardés pour une utilisation ultérieure c’étaient ceux des sessions expérimentales dans son home studio de Londres. Toutefois, il peut remonter aux racines de « Yellow Pearl » jusqu’aux balances de Lizzy, où il jouait la mélodie aux claviers.

« Même en faisant un gros effort d’imagination, je n’ai jamais été claviériste », reconnaît-il, « mais Phil m’a maintenu à ce poste un moment, même quand le nouveau guitariste est arrivé, juste pour ajouter une autre dimension au son. Pendant les répétitions et les balances, je m’amusais avec ce riff, et Phil l’avait évidemment remarqué, car lorsqu’il a commencé à travailler sur son album solo, il m’a passé un coup de fil et m’a proposé de travailler sur cette idée pour en faire une chanson à part entière. »

« En fait, je ne sais même pas de quoi parle la chanson », dit Ure en riant, « à part les grandes lignes, c’est un commentaire sur la technologie japonaise qui est en train de s’imposer – une variation sur le thème du péril jaune [Yellow Peril]. L’image de tous ces walkman Sony dans le clip a été définitivement inspirée par notre voyage au Japon, parce que c’est là-bas que nous avons vu des walkman pour la première fois. C’était à la pointe de la technologie à l’époque, parce que Phil était en train de construire son home studio à peu près au même moment, et je lui parlais beaucoup des nouveaux systèmes électroniques qui révolutionnaient l’art de l’enregistrement, donc tout se tient. »

« Mais le truc le plus marrant concernant cet album c’est la façon dont Phil a insisté pour faire rimer tous les mots. Si vous écoutez attentivement, vous verrez qu’une partie de ce qu’il chante n’a pas de sens, des trucs qui lui sont passés par la tête et qui avait le seul avantage de rimer. Ça me fait encore rire aujourd’hui. »

Heureusement, Lynott ne s’est pas trop aventuré dans le royaume du New Romanticism, même sir « Girls » (co-écrit avec Jimmy Bain) était encore une chanson sans guitare. Si, en partie, l’idée de faire un album solo est d’exorciser ses peurs face à l’avancée rapide de la technologie des claviers, alors bricoler des moogs et des machines à cordes sur des morceaux comme ceux-là a certainement atteint son but.

« Girls » qui devait être à l’origine un single pour Wild Horses, était aussi particulier que le titre de l’album d’après Jimmy Bain. Une idée de Philip était « d’avoir une chanson sur les filles de nationalités différentes », mais en l’occurrence, la stratégie de Philip était d’avoir un groupe de fille avec divers accents pour lire le script qu’il avait écrit, et ensuite de monter les extraits pour en faire une longue pièce qui pourrait être utilisée à différents endroits du morceaux. Encore une fois, l’expérimentation était le mot clef.

Le moment où Solo In Soho se rapproche le plus de Thin Lizzy est sans doute « Dear Miss Lonely Heart », le premier single sorti en mars, et autre fruit de la dangereuse liaison avec Jimmy Bain. L’accroche de cette chanson l’a rendu fou pendant des mois et il a finalement réussi à s’en débarrasser non sans soulagement dans une progression d’accords que Bain avait trouvée. Les paroles étaient par contre de la pure malice made in Lynott : une journaliste de la rubrique courrier du cœur distribue ses réponses aux mauvaises personnes.

Et enfin, il y avait « King’s Call », écrite pour la mort de Elvis Presley (et commémorant également Martin Luther King). Elle venait directement de la poche arrière de Dire Straits, même si peu de sourcils se sont froncés lorsque Mark Knopfler a participé à la fois à la chanson mais aussi à la vidéo promotionnelle qui a accompagné la sortie du single en juin.

« On pensait vraiment que “King’s Call” allait être un tube », dit Alan Phillips, qui travaillait en tant que Product Manager chez Phonogram entre 1977 et 1982 et qui s’est occupé à la fois de Lizzy et de Dire Straits, mais aussi de Rush et Status Quo. « En fait, je pensais qu’il pouvait être numéro un, voilà ce que j’en pensais. Quand il a fait un flop relatif (ne se classant qu’à la trente-cinquième place au Royaume-Uni) je pense qu’une ou deux personnes ont commencé à avoir quelques doutes sur le concept de Philip Lynott en solo… »

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